Alors que les ventes de livres diminuent au Japon, un nouveau marché fait le bonheur des éditeurs nationaux. Les ventes de romans destinés aux téléphones portables (ouvrages téléchargés, en général par épisodes, et lus sur l'écran de son keitai) sont passées de 0 il y a 5 ans à plus de 10 millions de yens (60 000 ¤). Et elles ne cessent de progresser. Ce n'est pas de la grande littérature, mas ça fonctionne. Mika Naitoh, auteur de romans keitai, dont le plus populaire atteint 160 000 téléchargements par jour, déclare que la plupart des ses lecteurs et lectrices n'achètent jamais un seul livre classique. D'abord, dit-elle, les sacs à main actuels sont beaucoup trop petits.
Les problèmes des éditeurs classiques ne se limitent pas aux sacs à main. Pour Shin Nina, de Kadowaka, éditeurs dynamique qui s'est diversifié dans les romans keitai, deux raisons expliquent la crise du livre imprimé. La première est que les éditeurs sont à la merci d'un système de distribution inefficace : on trouve des piles d'invendus sur les rayons d'un libraire, tandis que la demande n'est pas satisfaite chez un autre.
La seconde est le succès phénoménal d'une chaîne de librairies de livres d'occasion, Book-Off, qui achète des livres de poche pour environ 5% de leur prix de détail, rectifie sur place les bords abîmés, et les revend au tiers du prix du neuf.
Les problèmes des éditeurs classiques ne se limitent pas aux sacs à main. Pour Shin Nina, de Kadowaka, éditeurs dynamique qui s'est diversifié dans les romans keitai, deux raisons expliquent la crise du livre imprimé. La première est que les éditeurs sont à la merci d'un système de distribution inefficace : on trouve des piles d'invendus sur les rayons d'un libraire, tandis que la demande n'est pas satisfaite chez un autre.
La seconde est le succès phénoménal d'une chaîne de librairies de livres d'occasion, Book-Off, qui achète des livres de poche pour environ 5% de leur prix de détail, rectifie sur place les bords abîmés, et les revend au tiers du prix du neuf.
AUJOURD'HUI LES EDITEURS CONNAISSENT MIEUX LE MARCHE.
LES ROMANS KEITAI QUI SE VENDENT LE MIEUX ? LES POLICIERS ET LES HISTOIRES D'AMOUR.
Débuts difficiles
LES ROMANS KEITAI QUI SE VENDENT LE MIEUX ? LES POLICIERS ET LES HISTOIRES D'AMOUR.
Débuts difficiles
Les éditeurs se sont donc tournés vers les livres keitai, distribués numériquement et impossible à revendre. Les débuts furent difficiles, dit Mutsumi Nakamura, de Shinchosha, qui s'est lancé dans cette activité en 2002. Les éditeurs ont d'abord proposé des romans qui existaient déjà, mais sans succès, probablement parce que les amateurs de romans keitai constituaient un nouveau lectorat. Ils ont ensuite proposé des ouvrages pornographiques, sans être suivis, la plupart des lecteurs étant des lectrices. Aujourd'hui, ils connaissent mieux le marché. Les romans policiers et les histoires d'amour marchent bien.
Face à une telle réussite, les nouveaux entrants se bousculent, contraignant les éditeurs à trouver d'autres débouchés pour les romans keitai. Certains, paradoxalement, se sont bien vendus en édition imprimée : Yoshi a fait de son roman le plus téléchargé, Deep Love, dont le sujet est la prostitution des adolescents, un best-seller (2,7 millions d'exemplaires), un film, une série télé et un manga.
Face à une telle réussite, les nouveaux entrants se bousculent, contraignant les éditeurs à trouver d'autres débouchés pour les romans keitai. Certains, paradoxalement, se sont bien vendus en édition imprimée : Yoshi a fait de son roman le plus téléchargé, Deep Love, dont le sujet est la prostitution des adolescents, un best-seller (2,7 millions d'exemplaires), un film, une série télé et un manga.
Source : Challenges n°83, Juin 2007





